Photo : David Vincent

UNE IBA POUR LE TRANSFRONTALIER FRANCO-LUXEMBOURGEOIS ?

Lors de l’élaboration de la première stratégie d’actions pour la période 2014-2016, le GECT s’est focalisé sur un ensemble d’actions visant à promouvoir l’émergence et la reconnaissance d’une agglomération transfrontalière. Cette stratégie repose dans la construction d’un avenir transfrontalier commun, pour tous les habitants du territoire, et se décline notamment dans l’élaboration d’un schéma de développement transfrontalier.

Tout en souhaitant poursuivre la mise en œuvre des premières orientations stratégiques, l’ensemble des partenaires s’engagent aujourd’hui dans une nouvelle démarche partenariale : Impulser la préfiguration d’une Internationale Bauausstellung (IBA) pour ce territoire de coopération.

EN SAVOIR PLUS

L’IBA

est un outil développé en Allemagne. Il permet de révéler avec succès des concepts créatifs et innovants dans les domaines de l’architecture, de l’urbanisme ou  du développement territorial. Des projets menés dans le cadre des IBA existantes (Heidelberg, Stuttgart ou encore Bâle en Suisse), ont démontré l’étendue des possibilités novatrices voire avant-gardistes qu’offre cet outil pour (ré)inventer l’avenir urbain ou métropolitain d’un territoire préalablement identifié et dans un temps limité.

Des projets, de nature très variée, ont émergé grâce aux IBA engagées (environ 50% des projets soutenus par les IBA n’étaient pas connus au démarrage de l’IBA concernée). Ces derniers sont évidemment architecturaux comme la construction avant-gardiste d’un nouvel accumulateur de chaleur par la Stadtwerke Heidelberg (IBA Heidelberg) ou l’élaboration d’un système de construction mono-matériau durable en bois de Thuringe qui permet de construire, isoler ou aménager tout un bâtiment sans aucun composant métallique ou adhésif (IBA Thüringen).

Mais les IBA visent également à inverser le processus d’aménagement en voyant les habitants, les usagers comme les décideurs de leur futur. Ainsi l’IBA de Thuringe a, par exemple, permis à la société civile (habitants et entrepreneurs regroupés dans l’association JafürGera) de définir l’avenir d’un espace de 2,5 hectares de terres désaffectées. La définition du projet, de ce qui été attendu par les usagers pour ce « nouveau centre », s’est faite en suivant les attentes et besoins identifiés par les habitants et entrepreneurs. Sur la base du plan directeur défini, un concours a été lancé pour attribuer les parcelles à aménager. Ici les habitants ont pris part directement à
la réorganisation de leur ville.

Pour Alzette Belval, cet outil représente un moyen supplémentaire et unique en vue d’engager « une stratégie de développement dans une dimension opérationnelle transfrontalière » qui intègre aussi bien des projets communs, notamment architecturaux et urbanistiques, que des projets situés de part et d’autre de la frontière menés sur la base d’objectifs clairs et d’une méthodologie souple. Pensé comme un concept fédérateur axé sur une stratégie commune devant se concrétiser par la réalisation de projets durables, l’objectif recherché est de positionner le territoire Alzette Belval sur l’échiquier international en tant que modèle d’une région transfrontalière européenne; au niveau du pilotage de projets et dans le domaine d’un aménagement partagé  du sol.

L’IBA s’intègre dans l’objectif du GECT de construire l’agglomération transfrontalière avec ses habitants. Aussi, la mission de préfiguration de l’IBA devra définir comment les habitants ou futurs usagers seront une des forces de décision de l’avenir de ce sol commun.

Chaque IBA dure, en moyenne, 10 ans et est précédée d’une phase de préfiguration d’une durée de 2 ans pour réaliser l’étude de faisabilité. Cette étude vise à fixer les thématiques fédératrices [le MOTTO, retenu en fonction du contexte local et des problématiques spécifiques du territoire], arrêter le territoire d’intervention, envisager les financements mobilisables, discerner les montages juridiques envisageables,… et prévoir déjà un ensemble de projets pilotes. Ce travail de préfiguration complet permet d’envisager la réalisation (ou non) d’une IBA.

La phase préparatoire est en outre indispensable pour que l’IBA réponde aux enjeux locaux et permette in fine la réalisation de projets novateurs notamment architecturaux, avec une forte dimension sur le logement et son rapport à l’urbanité.

La phase de préfiguration a débuté en décembre 2019, la livraison du mémorandum de l’IBA Alzette Belval étant fixée avant la fin de l’année 2021. Le lancement officiel de la mission s’est tenu le 30 janvier 2020.

AVEC QUI ?

Tout en étant le chef de file du projet, le GECT agit avec le soutien financier du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire et de la Région Grand Est pour la France et, du côté luxembourgeois, du Ministère de l’Énergie et de l’Aménagement du Territoire et du Ministère du Logement.

En outre des partenariats opérationnels sont en place avec l’Université du Luxembourg, l’Établissement Public d’Aménagement d’Alzette Belval et le LUCA (Luxembourg Center for Architecture).

Premières directions

Des masses forestières marquent les collines des côtes du Dogger longue la frontière franco-luxembourgeoise. Le territoire du GECT (en rose) se trouve au centre de ce corridor écologique transfrontalier.

CINQ SUJETS

Les sujets présentés ci-dessus présentent un état de travail inter-médiaire et sont donc pas encore concluant. Ils seront davantage approfondis afin de définir les directions de la future IBA à Alzette-Belval.

Les côtes du Dogger représentent un paysage historique, varié, mais méconnu. Un renversement du regard par le développement d’un parc écologique et productif s’inscrit dans l’idée de créer un territoire de l’intégration européenne sentie au cœur de la réalité des habitants.

La question du logement figure aujourd’hui parmi les grands défis des villes et territoires européens en croissance. Par exemple, le territoire du GECT ambitionne à lui seul d’accueillir 35.000 nouveaux habitants (+35%) à l’horizon 2030, ce qui signifie que la demande en logements va encore largement s’amplifier et que l’IBA se devra d’être un véritable laboratoire en la matière. Actuellement, l’offre de logement est restreinte et propose peu de choix à la population qui reste peu informée des alternatives existantes. Pour qu’un saut quantitatif et qualitatif advienne, il faut investir dans des projets pilotes de logements collectifs, alternatifs et de qualité, dès le montage du projet. À ce stade, l’Atelier se penche sur la production d’un Atlas de références comme premier instrument de ce laboratoire.

Les hybrides urbains sont des projets de construction qui, comme le terme l’indique, ont un usage multiple. Ils sont « hybrides » dans le sens où ils combinent plusieurs programmes complémentaires à la réalisation de logement et qui normalement ne sont pas réunies sous un même toit. Ces bâtiments hybrides sont également « urbains », en ce sens que, grâce à leur combinaison dense de fonctions, ils obtiennent une valeur ajoutée (une « externalité positive ») sur un seul terrain à bâtir qui est normalement réparti sur plusieurs parties du territoire. Ces typologies permettent de répondre à la problématique d’un territoire où tout se construit côte-à-côte et donc aussi de limiter l’étalement urbain. Le fait que différentes fonctions occupent ensemble un site génère d’autres avantages – utilisation efficiente de l’espace, densité des bâtiments – initie l’environnement construit aux principes de l’économie de partage et évite, in fine, également un certain nombre de déplacements dans ce paysage périphérique dominé par les voitures. Dans un paysage dont la dynamique est d’ailleurs principalement déterminée par la question du logement, et qui à ce titre tend à produire un territoire périphérique isotrope et plutôt monotone, ces hybrides urbains permettent d’accentuer les différences du paysage.

Le territoire contient des potentiels locaux inexploités pour un développement moins polluant qui pourraient bien situer dans la profondeur du sol, avec par exemple le potentiel du territoire en énergie géothermique profond. Par ailleurs, la notion de ressources permet de mener une
réflexion autour des conditions de l’urbanisation dans un sens plus vaste. Elle ne comprend seulement des questions énergétiques mais également celles de la qualité de sol, de l’eau et d’écosystèmes fonctionnels. Les Côtes du Dogger, avec leurs forêts et aquifères riches, réunissent plusieurs de ces caractéristiques.
Leur exploitation doit être gérée de manière commune et durable. Ainsi, des projets d’approvisionnement transfrontaliers répondants aux besoins primaires des habitants peuvent être réalisés. Plus généralement, un développement urbain guidé par l’idée de la résilience conçoit cette richesse en tant que sa propre raison d’être.


Au premier abord, l’IBA n’est pas un programme économique. Cependant, en tant que projet d’aménagement, elle sera confrontée à des choix économiques et les stratégies choisies détermineront son impact sociétal et environnemental. Cet état de fait nécessite la définition d’un ensemble de valeurs communes, permettant de déterminer de façon cohérente les différents montages juridiques et financiers instituant l’Atelier IBA et visant au succès des futurs projets. La recherche des modèles socio-économiques alternatifs au travers des investissements citoyens répond aux différents enjeux sociétaux actuels. L’IBA doit devenir un terrain d’essai fournissant les espaces nécessaires au développement de solutions alternatives.


 

Contact

L’atelier préIBA est organisé en deux antennes, l’une est au GECT à Audun-le-Tiche, l’autre à l’université du Luxembourg à Belval (Esch-sur-Alzette). Les réunions de l’équipe se tiennent chaque semaine et peuvent être ouvertes à un public invité en fonction de la thématique.

Si vous avez des questions, si vous êtes intéressés par notre démarche ou si vous voulez y contribuer, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse preibaab[@]gectalzettebelval.eu

Nous parlons Français, Anglais et Allemand.